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Lasselle: la négresse aux yeux berçeurs d'amour, porteurs d'espoir

by Ernst Delma

290 pages; quality trade paperback (softcover); catalogue #03-1077; ISBN 1-4120-0707-0; US$25.00, C$28.00, EUR20.50, £14.50

Delma's second novel draws its essence from Haitian roots. The French language text bedecked with linguistic nativism offers a glimpse into a culture humble but immense, naive yet artistically exuberant.


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Description du Livre À Propos de L'Auteur Extraits Information de Catalogue de Bibliothèque

Description du Livre

Il était une fois dans l'exubérance joyeuse des hauteurs champêtres haïtiennes plus précisément du côté de Fond Melon vivait une paysanne, négresse aux yeux d'amour, de rêves, d'espoir et de paix nommée Lasselle Tombleau. Elle portait son amour dans son âme, et l'affirmait au monde avec une force morale et une sagesse spirituelle qui font croire que l'amour vraiment existe, et qu'il peut être l'apanage de n'importe qui l'éprouverait avec une intensité toute particulière.

Un amour simple de par son essence, naïf de par sa source mais qui donne une autre vigueur à notre foi dans l'homme. Un amour enfin qui fait place à une commotion humaine et sociale autrement brutale et fatale mais qui nous fait comprendre que les sentiments du cœur quand ils sont légitimes et sincères ouvrent sur un spiritualisme des plus grandioses, sur un horizon culturel autrement superbe et révélateur des principes profonds dans l 'homme quelque soit son appartenance sociale ou ses possibilités intellectuelles. Il nous prouve que nous pouvons être tous à la fois petits ou grands, forts ou faibles, puissants ou misérables.

Lisez Lasselle, la négresse aux yeux berceurs d'amour, porteurs d'espoir et surtout ne manquez pas la suite de ce roman où vous aurez l'opportunité de découvrir la beauté enfouie de l'âme haïtienne, capable de grandeur et de générosité même quant aux prises avec l'austérité d'un quotidien ingrat et pervers dans son essence. Emerveillez-vous des agissements quoique ingénus mais savamment orchestrés d'une paysanne qui nous apprend que l'amour est plus fort que les adversités, qu'il triomphe de la mort et qu'il est plus fort que la mort.



À Propos de L'Auteur

Ernst Delma est né à Jacmel le 25 Octobre 1955. Il a fait ses études primaires d'abord chez les Frères de l'Instruction Chrétienne, puis à l'Ecole Charles Moravia de Jacmel. Il a débuté ses études secondaires au Lycée Pinchinat de cette même ville pour les terminer au Lycée Toussaint Louverture de Port-au-Prince.

Durant ses classes humanitaires, il s'éprenait grandement du génie poétique des grands noms de la poésie d'expression Française qui ont évolué que ce soit sur les bords de la Seine ou sur la grève du fleuve Artibonite. Lui-même a poussé les propres cris poétiques de son coeur * tantôt par le truchement de l'hebdomadaire l'Ecran de sa ville natale, tantôt dans les cercles littéraires de l'Inter-Philo- à travers des vers qui ont été bien vus et appréciés parmi les jeunes de sa génération.

Devenu plus tard professeur des Littératures Française et Haïtienne, cette bienheureuse occurrence a concouru à développer davantage son goût pour la poésie et la peinture des moeurs. Marqué par les plus grands peintres de moeurs haïtiennes en l'occurrence Frédéric Marcelin, Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis, puis par ses congénères Jacméliens René Depestre, Jean Métellus et son oncle René Delmas, il offre sa propre vision poétique à nous dans ce premier roman de moeurs haïtiennes de lui et promet que cela va être seulement le début d'une longue valse à travers le champ culturel du terroir sacré les fruits tiendraient-ils la promesse des fleurs.



Extraits

AVANT-PROPOS

Chers amis lecteurs, je pense que vous voudriez bien me dispenser de toute impulsion de critiques acerbes et délibérés qui feraient de moi plutôt un succès que de détruire les premières semences pénibles dans l'attente d'une récolte qui se voudrait plutôt plus culturelle et plus nationaliste qu'économique.

Je serais de toute façon enchanté de tout intérêt porté à mon premier balbutiement dans un domaine réputé complexe et difficile que celui de peindre les caractères et les mœurs des autres surtout quand ils se rapportent à une culture aussi vaste dans sa perception et aussi grandiose dans son expression qu'est la culture de notre chère Haïti. Les autres qui ont essayé avant moi, et ceux-là qui se font aujourd'hui une carrière de peintre des mœurs haïtiennes auraient un bien meilleur témoignage à propos.

Quand poussé par le désir de me faire un nom durable dans le monde culturel et littéraire haïtien par la composition

d'un roman de moeurs, je n'ai nullement ambitionné le désir d'atteindre la grandeur poétique d'un Jacques Roumain par exemple << Gouverneurs de la Rosée. >> Ce serait de la démence de ma part de vouloir mettre une fourmi à côté d'un géant. Ce colosse littéraire haïtien - Jacques Roumain j'insinue ici - génie carrément extraordinaire vomi des entrailles de notre douce Haïti n'aura jamais son égal, mais de préférence des disciples, des admirateurs et à un degré plus poussé des imitateurs qui se réclameraient sans cesse de son école et de la lignée de son souffle poétique. Mais atteindre cette hauteur de poésie paysanne naïve, de cette linguistique bucolique limpide et désaffectée, dépouillée des tournures sophistiquées et égoïstes tiendrait une autre fois du prodige. Capturer si suavement un mode de vie paysan rendu par une imagination fertile et dans tout ce qu'il comporte de simplicité et de grandeur silencieuse maintenue au plus profond de la misère économique, au tréfonds d'une pauvreté éducationnelle perverse et perfidement commandée la plupart du temps, seulement une imagination titanesque en est capable.

Non plus je ne m'attendrais à cueillir des lauriers littéraires au même titre qu'un Jacques Stéphen Alexis - génie carrément extraordinaire - dans son plus que fameux, eu égard à tout standard, ŒCompère Général Soleil'. Cette description vivante des moeurs, de la réalité culturelle et de la quotidienneté des choses de chez nous dans toutes les fleurs de leur réalisme ne pouvaient qu'être l'oeuvre d'un docteur en parfaite connaissance de l'âme humaine à travers les misères terriennes, par le truchement des déchéances physiques qui confèrent parfois de la grandeur et du courage dans le malheur comme l'Haïtien en a bien les secrets et l'écrivain haïtien le don de les relater.

Que dire d'être à la hauteur d'un René Delmas, celui de qui Gérard Dorval n'a pas pu s'empêcher de s'exclamer << Jacmel a un chantre>> dans Crime à Anse d'Hainault ou Les Aventures d'Emile ? Hélas !La Cannaie du Diable n'a jamais été comprise, ni explorée à sa juste valeur. Le romancier de Jacmel a campé ses personnages paysans ou provinciaux dans toute la crudité de leur réalité telle que vécue fidèlement à travers les sillons d'un quotidien grandiose ou vulgaire, mais carrément méchant, crasseux et affublé d'un égoïsme excessif et sans gêne.

Et enfin de René Dépestre et de Jean Metellus, auteurs émérites de Adriana dans tous mes rêves et de Jacmel au crépuscule. Ces deux chansonniers impénitents des atouts culturels de Jacmel et de ses contrées avoisinantes se sentiraient bien amoindris de toute comparaison pour le moins déprimante, mais m'aurait pardonné d'avoir bien voulu marcher dans leurs sillages pour faire revivre- loin d'être à leur façon bien entendu - les acquis culturels déposés comme des débris de plusieurs civilisations aux confins sans cesse agités de notre histoire de peuple.

Pour ma part, j'ai tout simplement voulu ajouter ma voix à ce concert fantastique de gorges grandioses pour dire à un monde ignorant de nos superbes attributs culturels que ce soit chez nous ou ailleurs, que notre richesse culturelle est entrain de s'effriter, et il nous faut de temps en temps nous réapprendre à raconter la nuit dans les oreilles à la fois charmées et agréablement effrayées de nos petits les aventures de Bouqui et Ti Malice, de Mèt Kalfou et de Baron Sanmedi pour raviver une dimension folklorique qui dort, défaite et vaincue, sous la cendre glacée de notre indifférence vis-à-vis de nous-mêmes et de ce qui fait de nous ce que nous sommes des nains géographiques et économiques, mais des titans en pesanteur culturelle.

La coupe des racines profondes qui nous rattacheraient volontiers à nous-mêmes nous a soutiré jusqu'à l'avenir de notre haïtienneté. En effet combien de nous peuvent encore parler de la prochaine génération de nous-mêmes au sens le plus profond du terme tant l'arrachement est brutal, fatal et impardonnable à plus d'un titre et renforce nos nombreux déchirements quotidiens.

Il faut sans cesse une voix limpide quoique littérairement modeste pour rechanter au futur nos randonnées d'hier au formidable pays imaginaire de Aux Zannanas. << Nan monte'm aux Zannanas ding dong. Mwen kontre youn Zebede ding dong. Mwen mande'l kilè liye ding dong. Li di'm li midi pase ding dong. Allo allo Zannana ding dong. Allo allo Zebedee ding dong. >>

Que c'est doux à l'oreille! Que ce devrait être succulent à nos goûts culturels que ce soit chez nous ou partout où ces deuils culturels internes propres à nous nous forcent de vagabonder nos carcasses de nègres errants ! Quant à moi que j'aimerais bien pouvoir m'exiler de toute réalité sournoisement délétère quant à nos approches culturelles qui m'empêche de fredonner aux âmes charmées de mes enfants ce refrain magique que mon arrière-grand-mère pour me faire dormir ou me consoler de mes nombreuses mésaventures enfantines savait chanter.

"Madan'm map mande'w, map mande'w souple ki lès sigarèt ki pi bon-an. Gen Adras Mengo, Chesterfield Laroche, gen Pantaleon; Pantaleon an men'm kou wè'w fimen'l li fè'w dômi."

Ce n'est pas non plus par hasard ni pour rien j'ai choisi de composer les deux derniers chapitres en créole. J'ai voulu seulement initier mes lecteurs éventuels à la valeur poétique du créole en tant que langue, à sa beauté en tant que véhicule d'une pensée tout à fait nègre et à son rayonnement en tant que messager d'un quotidien vivace et spécifiquement haïtien. En effet, notre créole, le créole haïtien, le plus suave créole qui existe comporte des dimensions culturelles qui transcendent la pensée haïtienne vers une hauteur psychologique où l'âme nègre que nous portons en nous s'épanche et s'étanche d'un merveilleux propre à l'Africain, puis à l'Haïtien et que tout autre ne peut qu'essayer d'appréhender, peut-être de comprendre ou d' apprécier mais jamais de pouvoir totalement reproduire. Le créole Haïtien est si substantiel, si essentiel à un vécu bien déterminé, à un magique culturel subtil, fougueux et expansif à la fois. Certaines entités comportent des mystères inaccessibles aux non-initiés à leur mode d'expression, la linguistique créolistique - permettez-moi cet excès cacophonique, il n'y a pas mieux pour le dire * demeure bien l'une d'elles.

Aussi accepteriez-vous que la composition de cette oeuvre ne corresponde pas dans ma mentalité à aucune rage d'atteindre un apogée littéraire quelconque, mais d'être une voix, une contribution aussi humble qu'elle puisse être, une occurrence souple et feutrée telle un subtil cours d'eau aux tranchées des belles lettres haïtiennes qui veut arroser les tubercules de notre haïtienneté et verser dans les goulets assoiffés de nos entende-ments une goutte de pluie culturelle pour débarrasser notre conscience nationale et patriotique de toutes les saletés culturelles amassées par-ci par-là sur tous les boulevards de nos déchéances spirituelles, de nos déboires économiques, de nos poussées historiques perverses, fréquentes, et fidèles à leur rendez-vous avilissant.

Ainsi, j'offre à vous ma naïveté dans l'art ingrat et combien branlant d'être un romancier haïtien. Si à l'instar des autres je ne parvenais pas à provoquer en vous les soubresauts nécessaires à la résurrection de notre chère essence haïtienne morte quelque part dans des ritournelles insensées, ne m'en voulez-vous pas, souhaitez-moi au contraire d'essayer une autre fois jusqu'à trouver la formule propice au relancement de cette âme, de ce souffle qui est le nôtre vers des dimensions culturelles jusque-là inconnues.

Quant à moi, je vais faire en sorte que je reste fidèle à l'Haïtien que je suis et que je resterai toujours, et de me rappeler une fois de plus cette fameuse conception du philosophe Edgar de la Selve pour justifier même à moi-même ma bravoure littéraire pour avoir osé fouler le domaine sacré du merveilleux haïtien. "Pour mériter l'estime, il n'est pas toujours nécessaire d'avoir fait de grandes choses ; bien souvent, il suffit de les avoir tentées"

Et dans l'éventualité où mon coup d'essai dans la peinture de nos mœurs se serait soldé par un succès impromptu, gloire serait à ceux-là qui savent récompenser les trébuchements par des applaudissements encourageants.

De l'auteur

Ernst Delma


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